amour & rééducation. — melody&iana

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amour & rééducation. — melody&iana


DON'T LOOSE YOUR COOKIES™ :: New York et son rythme, We do not remember days, we remember moments ! :: Dépensons à Manhattan
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Iana S. O'Connor-Sanders
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le petit mot doux de Iana S. O'Connor-Sanders qui mange un cookie le Lun 26 Juin - 22:28 ► réponds-lui !

amour et rééducation
je chante pour toi, chaque seconde

Je ne comprenais toujours rien à l’accident dont on avait été les victimes collatérales. Maman… Papa. Mes amis. Tous ces gens qui étaient là le jour du drame et qui avaient vécu des histoires similaires à la nôtre. J’aurais aimé les aider, ce jour-là. Mais je n’avais pas pu quitter papa, ni mamie. Et j’avais passé mon temps à pleurer, de tristesse ou de douleur, je ne me souvenais plus bien aujourd’hui. Tristesse de ne pas apercevoir ni la chevelure blonde de maman à l’horizon, ni son sourire réconfortant, ni même son regard océan qui savait me consoler. Tristesse de voir papa souffrir et transpercé de part et d’autre du corps. Et j’étais impuissante. Mais c’était passé, maintenant. J’avais surmonté ça, et mes parents aussi. Enfin, j’espérais. Je savais pourtant que ça allait me suivre pendant longtemps. Peut-être même des jours, des nuits durant. On n’efface pas autant de visions d’un seul coup. Tant de sang. Tant de peur. Et des peurs, j’en avais eu, après. Je me réveillais parfois et j’en venais à trembler, à transpirer, à chercher maman des yeux alors qu’elle était juste là. Mais ça, ça n’avait pas été tout de suite. Maman n’était jamais loin de moi. Je voulais redormir dans mon pyjama reine des neiges, et que tout redevienne comme avant. Je voulais pas voir maman malheureuse, ni papa. Ce matin il y’avait un rendez-vous, pour une séance de rééducation. Moi je n’en avais aucune envie. Je voulais pas. Mais on me forçait. Et puis, finalement, je ne voulais pas quitter maman. Je la suivais partout, en fait. Pire qu’avant. On avait ces fauteuils roulants et on aimait s’amuser dedans. Oui, vraiment. « On est obligées d’y aller m’man ? » Non. Ca me disait quand même pas. Mais si c’était important, aussi… Je n’allais pas vraiment refuser. Et puis est-ce que j’avais le choix ? Est-ce qu’on me demandait mon avis. Je voulais le bien de maman aussi, et puis y’en avait besoin, de ces séances. Je m’approchais d’elle, je devais l’aider de temps en temps, ce qu’aurait fait toute fille bien élevée et gentille. Ce que… J’espérais être. Hein que je l’étais ? Je faisais un bisou dans ses cheveux et j’amorçais un mouvement pour lui enlever son haut. « Attends maman, je t’aide d’accord ? » Je tirais dessus délicatement, pas comme une brute, mais ça bloquait au moment de passer la tête. Je ne comprenais pas. « Ah mince attends, ça passe pas, j’ai dû me tromper. » Et je recommençais, avec cette fois un peu plus d’habileté dans les doigts, et avec plus encore de délicatesse. Je ne voulais pas la blesser davantage. Elle en avait assez bavé, je crois. Et puis c’était ma maman. « C’est bon, ça passe ! » M’écriais-je d’un ton ravi en ouvrant grands les yeux et en levant les bras au ciel comme si j’avais accédé à la félicité. J’étais facilement fière de moi, et peut-être que ça avait un petit côté charmant… Enfin ça c’était ce qu’on me disait, mais après… Je tenais peut-être ça de maman, ou bien de papa. Rien que l’idée de tenir un peu des deux me rendait fière. C’était tout simple. J’étais leur fille, rien qu’à eux, et ils étaient rien qu’à moi. Enfin, rien qu’à moi, non. Ils s’appartenaient, lui et elle. C’était ça, l’amour. C’était ce que j’avais compris, moi. Je tenais fermement le haut de maman pour l’aider à l’enfiler, enfin l’autre haut, quoi. Et en fait je semblais galérer un peu, mais c’était drôle,… Bon d’accord, ça ne faisait peut être rire que moi, même si je ne voulais pas paraître grossière ou méchante. Moi j’étais pas méchante, si ? Ben non ? Je souriais, même. Je souriais doucement à maman pour lui faire comprendre que j’étais toujours de son côté, et que j’allais l’aider quoi qu’il arrive, et même s’il fallait l’aider à s’habiller tous les jours, j’allais le faire. Pour sûr. Après, si papa avait été en état, peut-être que lui aussi serait venu l’habiller, ou l’aider à faire quelque chose. Certainement, même. Ah, cette candeur que j’avais. En attendant, je déposais encore un bisou sur elle, en prenant les chaussures. « On met celles-là ou faut des chaussures spéciales ? » Disais-je en lui présentant. Je ne savais plus sur le coup, je venais à peine de me réveiller, j’avais pris mon petit déjeuner et j’étais allée rejoindre maman dans le lit pour être sûre qu’elle ne s’envolerait pas sans moi. Ben quoi, non, fallait pas partir toute seule. Et ça, je lui en aurais voulu. « Papa il vient aussi à l’école ? » Je confondais éducation et rééducation. Et peut-être que dans ma tête tout se mélangeait un peu, parfois… Mais disons que c’était la fatigue, rien d’autre. Et aussi l’émotion de voir maman et papa avoir du mal à se déplacer comme ils le voudraient. Moi aussi, j’avais un peu de mal. Je serrais sa main en murmurant, les larmes débordant de mes yeux clairs. « Dis maman, tout le monde va s’en sortir dans la famille hein ? » J’avais encore peur pour eux, en fin de compte, et je ne pouvais plus garder pour moi ce secret qui n’en était en fait pas un. Je craignais pour leur vie, parce que j’avais tellement craint en voyant leurs yeux se fermer. Surtout ceux de papa, parce que maman je ne la voyais pas de là où j’étais, et c’était mon grand regret. « Je suis désolée de pas être venue te chercher sous la baraque à hot dogs… Je n’avais pas vu que tu t’y trouvais. Sinon je serais venue tout de suite. » Avouais-je en stoppant là mes petits sanglots, et en essuyant mes larmes de mon bras. Je m’en voulais quand même. « Mamie a sauvé papa. » Et puis, je me souvenais que maman et mamie, ce n’était pas l’amour dingue. Et je déglutissais bruyamment pour exprimer mon malaise. Enfin, depuis, les choses avaient changé. Evolué. Et mamie n’était pas comme avant, du moins, à ce qu’il pouvait paraître.

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Melody A. O'Connor
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le petit mot doux de Melody A. O'Connor qui mange un cookie le Sam 8 Juil - 19:36 ► réponds-lui !

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je chante pour toi, chaque seconde

Depuis l’explosion, je ne savais pas vraiment comment je devais faire pour gérer la vie. Enfin… Disons que c’est compliqué quand marcher procure plus de douleurs que d’efficacité. C’était certain. Je ne marchais pas vraiment encore et depuis presque deux semaines, nous allions donc au centre de rééducation pour m’aider à reprendre un rythme et laisser mes hanches se réparer doucement sans forcer. Il fallait éviter d’énerver les muscles surtout. J’aimais y aller. C’était surtout bon pour moi mais je n’étais pas spécialement super heureuse à chaque fois. Disons que je voulais marcher mais je voulais aussi faire tout ce que j’avais à faire. Bosser. Aimer. Vivre. Pour ça, il fallait marcher au plus vite. Je m’étais adaptée depuis ces 2 mois à rouler. Je commençais doucement à m’en amuser. Je souriais aussitôt à ma fille qui semblait ne pas vouloir y aller mais elle savait que l’on n’avait pas vraiment le choix. Elle me proposait de m’aider alors que j’étais encore en pyjama. J’avais déjà fait le bas par moi-même enfin c’était simplement un short donc ça avait été assez rapide. A force, on s’y fait. Tandis qu’elle m’aidait donc à mettre mon haut, je riais doucement à sa difficulté. « Tu vas y arriver, j’en suis sûre ! », lui disais-je alors que je l’aidais tout de même un peu en évitant aussi d’ailleurs de trop remuer. Je soufflais sur mes cheveux une fois que ma tête était passée et je lui souriais doucement en le voyant si heureux d’avoir réussi. « Tu vois, tu es trop forte ! », agrémentais-je à cette enfant qui n’avait pas besoin de l’entendre, elle semblait déjà bien le savoir. Je souriais à son bisou et fronçant alors délicatement mon petit nez en la regardant. « Celle-ci sont parfaites pour moi mais tu peux prendre celle que tu veux à tes pieds. », disais-je en pointant alors les ballerines. « Je mettrais les baskets en arrivant ! », lui disais-je aussitôt tandis que j’allais chercher les ballerines par moi-même pour les attraper. Je les mettrais à mes pieds avec les mains. C’était tout un art mais je savais mettre mes chaussures, sisi. Je riais doucement en l’entendant demander si son papa allait venir et je secouais délicatement la tête. « Non, papa est au travail et nous n’allons pas à l’école ! », soufflais-je alors que je la regardais aussitôt changer d’expression. Je n’avais pas eue le temps de finir qu’elle changeait aussitôt de sujet de conversation. Je sentais la peur et la tristesse. Moi-même cela m’arrivait d’avoir des petits cauchemars suite à cette explosion. Je l’écoutais. Je ne savais pas quoi dire. Je regardais ma fille pleurer et cela faisait mal. Je feignais un sourire alors qu’elle parlait aussi de ma mère. Non. Je ne lui pardonnerais rien. Cela aidait mais je ne croyais toujours pas que les gens puissent changer. Pas encore. Pas aussi facilement en suivant Elijah. Je savais qu’elle pouvait être manipulatrice malgré tout. Mais je ne disais rien. J’inspirais doucement en penchant le regard. « Tu n’y pouvais rien, chérie. Je préfère même que tu sois restée sans bouger. Souviens-toi le docteur a dit ce jour-là que tu avais bien fais… », lui disais-je alors en caressant ses cheveux. « Tout le monde va bien, c’est fini… Papa va mieux, et je vais mieux mais toi aussi… tu vas mieux ! », disais-je alors en la regardant. Si jolie. Si tendre. Si triste. « On y va à pieds enfin à roulettes pour moi ? Tu me pousses jusqu’à l’hôpital ? », demandais-je alors qu’il nous restait l’ascenseur à franchir après la porte de l’appartement mais le centre était pile à côté de l’hôpital. C’était pratique. On n’était vraiment pas loin et c’est pourquoi Elijah passait tout son temps dans l’appartement. On avait même fait descendre mon lit au salon par ce qu’on était resté incapable de monter à l’étage du duplex pendant très longtemps. Je l’étais encore. « Tu sais, c’est bientôt l’anniversaire de ma rencontre avec ton papa… il faut qu’on trouve un très beau cadeau pour ça… », lui disais-je alors en souriant. « Après on va faire les boutiques ? », finissais-je de rajouter aussitôt.

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le petit mot doux de Iana S. O'Connor-Sanders qui mange un cookie le Sam 8 Juil - 23:17 ► réponds-lui !

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je chante pour toi, chaque seconde

Non, je n’en avais pas envie, aurais-je pu répéter. Mais je n’étais pas insolente, et je savais qu’il le fallait, pour le bien de maman. Qu’aurais-je fait pour elle, et pour papa ? Dire qu’ils étaient tout pour moi n’eut pas été mentir. Pas un bien grand mensonge. Ils étaient tout. Et j’espérais qu’un jour, on allait se promener dans la rue, en rang d’oignons, tous les trois les mains dans celles de l’autre. Bref. Je me voilais peut-être un peu la face. Mais il fallait croire que j’aimais ça. J’affichais devant maman un grand sourire, mais en moi, il y’avait toujours cette cassure. Cette anxiété qui ne disparaissait pas, et que je ne pouvais pas clairement exprimer. J’aurais pu demander à voir un monsieur à qui raconter mes soucis, on me l’avait vaguement proposé à l’hôpital, je crois. Ou alors je n'avais pas bien compris. Mais je ne voulais pas. Je ne racontais pas ma vie à n’importe qui. Non. Ma vie, elle se mérite. Je ne racontais pas tout, comme ça. Pas au premier venu. Et j’aimais aussi écouter maman me parler de la sienne, et je voulais aussi tout connaître de papa. J’avais l’impression, quand je pensais à papa, de ne pas savoir grand-chose de lui. Si ce n’était qu’il était mon papa. Et que c’était pour la vie. J’avais eu du mal à habiller maman, mais j’avais été contente de le faire. Elle m’encourageait, et j’appréciais ça. Je me sentais encore plus boostée et revigorée. Je voulais encore plus bien faire. Je la regardais, elle semblait s’en sortir. De toute manière, dès qu'elle risquait de tomber ou si elle perdait l'équilibre, ou qu'elle se faisait mal, j'accourrai. Ce que j’étais fière de ma maman. Elle arrivait à mettre ses chaussures et ce, sans mon aide. D’un autre côté, peut-être que je n’avais pas été si utile que ça. Peut-être qu’elle m’avait laissée l’aider pour lui faire plaisir. Enfin j’en savais rien. Mais je me faisais beaucoup d’idées, parfois. Je l’observais, avec mon regard doux et brillant. J’adorais quand elle me montrait l’exemple. Et j’enfilais à mon tour mes chaussures, et mes habits, juste avant de rejoindre maman. Elle parlait de papa, et j’optais pour une moue désabusée en l’entendant me dire qu’il n’allait pas venir. Ma déception se lisait dans mes yeux, mais aussitôt, je redressais le menton, pour lui montrer que non, je ne me laissais pas abattre si facilement. Il fallait être plus forte que ça. Et même si j’aurais aimé que papa vienne avec nous, s’il travaillait, je pouvais le comprendre. J’étais grande, maintenant. J’étais grande… Alors pourquoi est-ce qu’il m’arrivait encore de pleurer en pensant à tout ça ? Est-ce que maman pleurait, parfois, elle aussi ? Oui, je l’avais déjà vue. Oui. J’en avais été malheureuse. Je détestais ça. Ses larmes. Je hochais la tête, elle voulait me rassurer, mais qui allait la rassurer, elle ? « Je sais, mais…  » Et dans un élan de tendresse je caressais ses longs cheveux dont j’avais hérité, et dont j’étais si fière. « Normalement, c’était mon travail de venir t’aider. J'suis pas ta fille pour rien, pas vrai ? Et si personne n’était venu à ton secours ? » Et j’avais très envie de pleurer, mais je me retenais. Il fallait que je sois triste à l’intérieur. Il fallait que je ne montre pas mes faiblesses. Même pas à maman. Même si c’était vrai, elle était une des seules devant laquelle je me laissais aller. « T'as pas eu trop peur là-bas, toute seule, sans nous ? » Parce que c'était mon angoisse, finalement. Et je savais à quel point on pouvait avoir peur d'être seule. Enfin, moi j'avais peur dès que je me retrouvais dans mon lit, pourtant, c'était pas bien loin d'elle. « On a vraiment besoin de toi, en vie. » Murmurais-je en me baissant jusqu’à elle. Je n’aurais pas supporté de la perdre, et je suis sûre que papa non plus. C’était ma peur, à moi. C’était pourtant la peur de tous les enfants, finalement. Parce que le mot « maman » veut dire beaucoup. Parce que « maman » c’est l’univers. Je serrais ses mains, juste avant qu’elle me parle de la pousser jusqu’à l’hôpital. J’adorais cette proximité, et le fait que papa vienne souvent avec nous me rendait le sourire. J’allais chercher le fauteuil à roulettes et le désignais à maman pour qu’elle s’y installe. J’adorais la pousser, ça me donnait l’impression de conduire une vraie voiture. Un peu comme les grands. J’avais toujours aimé ça, rien que de pousser un caddie au supermarché, ça me faisait plaisir. Et là, c’était pas un paquet de farine et trois œufs, c’était maman. Ma maman. Et j’allais pousser avec beaucoup de précaution, pour éviter tous les obstacles. Parce qu’il fallait ménager maman, et ne pas la heurter dans n’importe quoi. C’était précieux. Leur fête d’anniversaire… Leur rencontre. En fait, je n’avais pas vraiment d’idées. Enfin, j’en avais bien une, mais… Il fallait que ça reste un secret. J’avais prévu des dessins, et je comptais les envoyer à papa prochainement. Peut-être même que j’allais faire une récolte de fonds pour pouvoir acheter une bague à maman de la part de papa. Je pouvais même aller vendre des cookies. Ils organisaient ça, parfois, chez les scoots. Sauf que je n’en faisais pas partie. Mais c’était mon rêve. « Les boutiques, oui ! Allez maman, rentre dans le bolide. » J’allais foncer, mais pas trop. « T’as confiance en moi ? » Je tenais fermement le fauteuil dans mes mains, je n’allais pas lâcher prise. De toute façon, elle pouvait le conduire d’elle-même, je crois. Mais j’aimais qu’elle me donne des responsabilités, ça me faisait me sentir importante, voire irremplaçable. Et j'espérais l'être.

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le petit mot doux de Melody A. O'Connor qui mange un cookie le Sam 22 Juil - 21:37 ► réponds-lui !

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Tout New York avait été remué par cette explosion. Peut-être pas tout mais une grosse partie. C’était un lieu mythique ou tout le monde allait en général. Touriste ou bien simplement habitant de cette grande ville. Pour nous, ce n’était pas aussi merveilleux car c’était notre ville mais pour d’autres ? C’était magique. Times Square avait fait couler du sang et des larmes tandis que les cendres glissaient sur l’asphalte. Je sentais qu’elle était triste que son papa ne soit pas mal mais il passait déjà tout son temps à la maison. Je savais aussi que j’allais bientôt reprendre le boulot aussi et au journal avec lui donc la petite allait passer plus de temps avec sa nounou. Je n’avais pas le choix. Je la regardais, tristement. Elle prenait la parole. Son travail. Mais non. Je roulais des yeux en souriant doucement alors que je la regardais. Elle allait pleurer. Je pouvais reconnaitre les traits sur son visage alors qu’elle se retenait. « Non… », disais-je alors. « Car je savais que vous seriez tous les deux ! », mentais-je donc à ma fille pour la rassurer. En fait, j’avais eue tellement mal que je ne me souvenais plus vraiment d’avoir eue peur ou pas. Je me souvenais être tombée inconsciente plus d’une fois et de les avoir réclamés mais… pas peur par ce que j’étais seule. Enfin je n’en savais plus rien. « Mais je n’étais pas seule ! », disais-je de cette vérité poignante car je ne l’étais pas. Non. « Et je suis en vie… », murmurais-je alors que c’était le cas. C’était loin. Cela faisait quelques semaines maintenant. Même presque 2 mois. Je ne voulais pas voir ma petite fille rester dans le passé. Mon petit cœur. Ma princesse. Je l’aimais plus que tout. Je la laissais me pousser. Priant pour que ça aille mieux enfin qu’elle aille mieux. Je n’avais pas envie de passer la séance à m’inquiéter. Cela ne me permettait pas d’être concentrée. C’était toujours plus difficile mais… ? De toute façon, je ne cesserais jamais de m’inquiéter pour mon enfant. Qu’importe soit le futur. Je n’avais jamais eue la sensation que ma mère s’inquiétait pour moi. La preuve… j’avais passée 7 années loin d’elle sans trop de soucis. Je la laissais conduire, je souriais de temps en temps en la voyant si précise. Je parlais d’aller faire les boutiques. Une soirée spéciale arrivait. J’étais prête à partager ça avec elle. Tellement prête. Je profite de la route pour checker mon téléphone. Je répondais à deux ou trois messages sur mon blog et je tournais mon regard parfois vers mon petit cœur. Une fois sur place, je regardais les portes s’ouvrir. « On y est ! », lui disais-je alors que je la laissais faire la dernière poussée. « Tout va bien ? », je me tournais alors vers elle en tournant aussi les roues du fauteuil. J’avais le coup de main à force pour arriver à bien le manipuler. Une part de moi savait que j’aimais bien ça. Cela m’amusait. Je la regardais avec tendresse. En tapotant sur mes genoux. « Je conduis jusqu’aux vestiaires ! », lui annonçais-je alors en la laissant grimper. Je savais que ce n’était pas toujours facile car si elle se mettait mal, cela pourrait faire mal mais je prenais sur moi. J’aimais bien trop ma fille pour ne pas la laisser grimper sur mes gambettes et profiter de la course. Je roulais aussitôt vers les ascenseurs. J’appelais celui-ci. J’attendais le ding en regardant alors Iana en riant. « Papa a bien fait de ne pas venir… Tu n’aurais pas pu t’amuser à me pousser ! », trouvais-je alors le bon côté pour la rassurer.

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Je regardais maman dans les yeux. Le bleu profond de maman. Et je me disais qu’à un milimètre près, peut-être, j’aurais pu ne jamais plus voir ces yeux-là. J’aurais pu la perdre, pour toujours et devenir ce que les grands appelaient « orpheline de mère ». Et je ne l’aurais certainement pas supporté. Il aurait bien fallu. Mais… Et puis papa, alors. Il aurait été désespéré, et même plus. Je n’imaginais pas sa souffrance. Je l’avais vue, pourtant, elle se glissait, s’immisçait dans chacune de ses expressions, dans chacun de ses traits. On avait été au plus mal. Et on s’en était remis. Tous. Tous les trois. Mamie aussi. Mais je n’oubliais toujours pas. Pourtant, j’aurais pu. Mais je n’oubliais pas. Je laissais maman me consoler, et en un sens, ça fonctionnait. Je séchais mes larmes qui ne coulaient même pas encore. Je me retenais, et puis ça passait, comme tout passait avec maman et avec un câlin de sa part. J’étais encore à cet âge où le mot maman avait une signification particulière, où un bisou d’elle calmer toutes les angoisses. Je savais que même en grandissant, elle allait rester ma maman. Normal, oui. Logique, même. Et un adulte de quarante ans aime encore sa maman. Je le savais. Mais j’avais quand même l’impression que la mienne, elle me connaissait mieux que personne. Elle savait tout consoler. Je souriais à ses mots. « J’ai eu si peur pour toi.. » Soufflais-je près d’elle comme s’il s’agissait là d’un immense secret que je confiais. Ce n’était pas un secret. Ça n’en avait jamais été un. Notre amour était inconditionnel. Fusionnel. Tout. Et j’étais bien contente de la sentir encore près de moi, sachant que j’aurais pu ne plus jamais recevoir le moindre câlin d’elle. Jamais plus. Mais on avait eu de la chance. Evidemment, ça faisait longtemps maintenant. Et la tragédie n’était plus qu’un sombre passé un peu douloureux. Que certainement j’oublierai au bout d’un moment. Qu’on allait peut-être même, tous finir par oublier. Ou par ranger dans un coin de la mémoire. Je poussais doucement, et je faisais bien attention à tous les obstacles. Je m’en serais affreusement voulue de renverser le fauteuil de maman ou de heurter maman quelque part. Je m’en serais voulue… Alors j’étais précise, j’étais calme et j’étais douce. Justement, on arrivait à la destination. Et maman prit un peu le relais en tournant légèrement les roues. Ce que je ne savais pas encore bien faire, mais je m’entraînais. « Je vais devenir championne de New York de poussage de mamans en fauteuils roulants ! » Je clamais ça, haut et fort, sans gêne ni rien. Je me redressais, carrément, mais maman savait, elle, qu’au fond je n’avais pas tant de prétention. J’en profitais pour me baisser jusqu’à elle. « Enfin j’espère que tu sortiras très vite du fauteuil maman. Parce que je te préfère debout, même si j’aime bien te pousser. » Elle voulait que je vienne m’asseoir sur ses genoux. Et… J’hésitais. Je regardais ses jambes, en rognant mes ongles. Je ne pouvais pas… « J’ai peur de te faire mal… » Mais voyant qu’elle semblait insister et le vouloir vraiment, je m’asseyais tout doucement, sans oublier de laisser un pied trainer au sol, pour réduire le poids de mon corps. Je ne le disais pas à maman, et je pouvais me faire un peu mal, mais je préférais ne pas l’écraser de tout mon être… Même si je ne pesais pas bien lourd. On se dirigeait vers l’ascenseur et je me relevais de ses genoux, dès qu’on s’arrêtait. « Non, c’est vrai ! Mais papa il ne se serait pas assis sur toi, hein ? Je me lève, maintenant. Je ne vais plus sur tes jambes. » Et ça sonnait presque comme un ordre, et au fond, ç’en était un. J’avais bien trop de craintes. J’ajoutais, alors que ça n’avait rien à voir avec la conversation d’avant. « Tu sais maman… Voilà, je ne sais pas comment te le dire, mais, avec Elliot, il se pourrait que… » Et je respirais un grand coup, prenant une bouffée d’air frais. « Enfin, disons que tu pourrais être grand-mère. » J’avais aussi peur de sa réaction, mais je me tenais prête à appeler de l’aide si maman tombait dans les pommes, suite au choc. « Parce que tu vois, je l’ai embrassé l’autre jour sur la bouche. Il y’a un risque sur combien d’être enceinte dans ces conditions ? » J’attendais la réaction de maman, tout en essayant de guetter le premier signe de malaise ou autre. J’avais tellement l’habitude de faire attention à la santé de maman que j’en devenais paranoïaque. Même à la maison, dès qu’elle se sentait un peu mal, je courais partout pour chercher le téléphone. « Euh, dis, je pourrai toujours t’accompagner pendant ta séance ? Tu y vas toute seule aujourd’hui ou je peux encore venir ? » On ne savait jamais. Même si c'était prévu que je vienne avec elle... J’avais envie d’ajouter que je n’arrivais pas à la quitter, mais... Il fallait bien qu’on se sépare, parfois.

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amour et rééducation
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Je ne perdais pas le sourire alors qu’elle se réjouissait d’être le meilleur pilote de New York. Je souriais doucement alors qu’elle disait espérer que je sorte du fauteuil. Voulant étouffer les sujets tristes, je me contentais de lui dire de venir sur mes genoux. Je sentais sa peur. Vraiment. Mais j’insistais tout de même. Je savais que je voulais qu’elle vienne sur mes genoux sans avoir peur de me faire mal et ça ne serait pas le cas. Elle était un poids plume. Je souriais doucement en secouant la tête pour lui faire comprendre que cela ne serait pas le cas. Sur la route enfin plus vite avant de démarrer, je tirais sur sa jambe mal mise pour la mettre correctement. Oui, je suis une rebelle. Je n’allais surtout pas la laisser risquer de se faire mal. Et ensuite je roulais. Normal. Elle se relevait presque aussitôt quand nous étions arrivés. Je riais doucement tandis que je venais de parler d’Elijah et elle me disait qu’il ne se serait pas assis sur moi. Je penchais la tête en arquant un sourcil. « Il est un peu plus lourd que toi quand même ! », lui disais-je alors simplement mais l’image de son papa sur mes genoux était assez amusante à vrai dire mais bon. Je lui souriais aussitôt en posant mon regard sur elle. Elle partait dans une conversation assez amusante, un peu toute seule en fait. Il se pourrait que ? Je m’attendais au pire mais au plus drôle surtout. Je penchais la tête en l’observant. Je tentais de rester sérieuse. C’était assez difficile tout de même mais je riais aussitôt qu’elle me demandait si elle allait tomber enceinte avec un bisou. Je secouais simplement la tête. « Non, on jardine pas avec les lèvres mais avec les mains. Si tu mets un gant quand tu jardines, tu ne risques rien ! », lui annonçais-je simplement en priant pour qu’elle ne jardine jamais à l’école bien que je pense que cela arrivait mais qu’importe. Je trouverais toujours une faille dans l’explication à donner. Une fois sur les lieux, je souriais doucement en ouvrant la porte et me contentant de l’inviter à entrer en guise de réponse. Je roulais face aux deux barres et le tapis. Je quittais alors le fauteuil, me tenant aux barres parallèles. Je les agrippais pour mettre mes pieds. Le tapis commençait doucement à rouler tout seul et je devais me tenir et marcher. « Tu viens avec moi ? », disais-je en montrant le tapis large de 5 mètres devant moi pour inviter Iana à venir marcher également. C’était lent donc pas de risques qu’elle ne tombe. Même une chenille ne risquait rien. « Alors il faut bien tenir les barres et marcher. Puis parfois augmenter le rythme et si on arrive à rejoindre l’autre bout… On gagne une crème glacée ! », lui disais-je aussitôt.

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If I should stay... i would only be in your way, so I'll go, but I know ! I'll think of you ev'ry step of the way and I will always love you... I will always love you.
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à la classe New Yorkaise apparement
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