trying to catch the beat, make up your heart ▬ reed&aélys

Partagez | .
Aélys K. Hemingway-Grey
à la classe New Yorkaise apparement
avatar
Administratrice
► Ami à poil : Schnapps, mon bébé, mon touffu, mon poilu. Mon bouchon, mon poison, mon p'tit con.
► Mes messages : 255
► La boite à cookies : 1937
► Date d'inscription : 20/01/2017
Administratrice
Voir le profil de l'utilisateur
le petit mot doux de Aélys K. Hemingway-Grey qui mange un cookie le Lun 3 Avr - 0:54 ► réponds-lui !

trying to catch the beat, make up your heart

La matinée s’était passée. Je ressentais le vide immense de Caleb. Juliet allait finir par savoir. Je la trompais autant que lui. D’une autre manière. Je n’allais pas la duper longtemps. Et je n’en avais pas envie. J’aimais trop ma meilleure amie pour me complaire dans ce bordel innommable. Ce qu’on s’y enferrait, Caleb et moi. Ce soir, je ne suis pas contente. J’ai reçu un appel. Le principal de Reed. Reed a dérapé, et je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Ou plutôt, je ne veux pas le savoir. Pourtant, en moi il y’a cette culpabilité qui me pousse à tout pardonner à mon fils. Je lui pardonne tout, de toute évidence, c’est mon cœur de maman. Je ne pourrais pas dire autre chose. Je me précipite dans ma voiture. Mes mains tremblent et manquent de faire tomber les clés. J’ai du mal à avancer, et à garer ma smart. Je stationne devant le collège. J’inspire une bouffée d’air, avant de passer les grilles. J’ai rendez-vous. Je frappe à la porte. On m’explique. Je bous intérieurement, mais je calme mes nerfs. C’est ton fils, Aélys. C’est ton fils. Ton bébé. Je sais bien qu’il déteste que je l’appelle bébé. Ça ne me viendrait pas à l’esprit. Non. Je ne crois pas. Mais je sors de là, et à la sortie des cours, je retrouve Reed. Le silence s’installe entre nous. Je ne sais plus si j’ai envie de crier ou d’en pleurer. J’ai peur dès qu’il sort un peu des rails de la bonne éducation. Peut-être est-ce notre faute. Je m’approche de lui, doucement, l’attirant à l’écart. Je ne lui parlerai pas devant ses amis. Je sais qu’il n’aimerait pas. Je tends la main vers lui, pour lui redresser le menton. « Reed… » Et d’une voix essayant d’être ferme, ce que je suis peu – « Pourquoi as-tu fait ça ? » Mon ton n’est même pas sévère. Je le suis, pourtant, mais je n’ai jamais eu cette capacité à hausser le ton contre mon fils. Parfois, si. Mais rien ne dure chez moi. J’ai du mal à en vouloir longtemps à ceux que j’aime. C’est… La faiblesse de tous. Je ne souris pas. C’est une remontrance, tout de même. Pour finir, je cherche à endosser mon rôle. Je fronce les sourcils, l’air un peu fâché. « Franchement, est-ce que tu crois vraiment que c’est une conduite à avoir ? » Au fond, je sais que mon fils n’est pas méchant. J’aimerais me convaincre que ce n’est ni de ma faute ni de celle de son père. Si nous sommes si perdus, comment Reed peut ne pas l’être. Je sais qu’il y’a autre chose en lui. Cette sorte de violence, je ne la reconnais pas. J’ai les yeux rivés sur lui et pose ma main sur son épaule. Il y’a une douceur que j’aimerais exprimer, un amour maternel, alors que je devrais être en colère. Pourtant, un soupir m’échappe. Je suis quand même énervée. J’aimerais comprendre ce qui l’a poussé à agir comme ça. Ça me rend triste, finalement. Je suis inquiète. Depuis toujours, depuis sa naissance. Sûrement la faute de ce petit coeur malade. Et parce que c'est notre enfant. J’ai cette aptitude étrange à ressentir le manque alors que je le vois souvent. Je suis bizarre. Je m’approche de Reed, le serrant dans mes bras, l’espace de quelques secondes. J’aime le sentir contre moi, ça atténue tout le mal que je peux ressentir. J’ai la même sensation quand j’étreins Caleb ou les bébés. Je suis fâchée, mais je t’aime, voulait dire cette étreinte. Je reprenais mon air un peu plus dur. J’attendais l’explication. J’espérais en avoir une convaincante.

_________________
❝ Like a sail in a storm ❞ With you I fall. It's like I'm leaving all my past in silhouettes up on the wall. With you I'm a beautiful mess. It's like we're standing hand in hand with all our fears up on the edge. So stop time right here in the moonlight. Without you, I feel broke. Like I'm half of a whole. Without you, I've got no hand to hold. Without you, I feel torn.
Revenir en haut Aller en bas
Reed I. Hemingway
à la classe New Yorkaise apparement
avatar
► Ami à poil : Un chien, mon fidèle acolyte Robin !
► Mes messages : 131
► La boite à cookies : 1202
► Date d'inscription : 24/08/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le petit mot doux de Reed I. Hemingway qui mange un cookie le Sam 17 Juin - 17:54 ► réponds-lui !

J’avais quitté nerveusement ma salle de classe en fin de journée, l’air soucieux et les nerfs toujours à vif. Maman était au collège, je le savais, on l’avait appelé devant moi alors que j’étais dans le bureau du principal du collège. J’avais été exclu de cours après une altercation avec un professeur. Je ne me reconnaissais plus, je ne supportais plus la moindre remarque, ni la moindre contrariété et j’étais agressif. Cette image de moi était bien loin du petit garçon souriant et adorable que j’avais jusque là toujours montré. Mais le moral n’était pas là, je me sentais perdu et trahi et je devais affronter à côté de ça les débuts de mon adolescence. Peut-être était-ce ce mélange des deux qui me rendaient si explosif. Toujours est-il que même si j’avais été renvoyé en cours, je savais que maman – et heureusement que ce n’était pas papa- était venu rendre visite au principal et que j’allais sans doute en entendre parler. Pas que j’ai peur, mes parents, l’un comme l’autre était loin d’être des tyrans mais je n’avais aucune envie de subir des remontrances. J’étais en tord mais je n’avais pas envie qu’on m’envoie des reproches en pleine figure. J’évitais un peu toutes les grandes discussions avec mes parents depuis que j’avais appris la vérité, je leur avais pardonné ou plutôt j’avais appris à vivre avec mais ce que j’avais ressenti comme une trahison m’avait quelque peu renfermé dans mon jardin secret. Je quittais l’établissement du lycée accompagné de certains de mes amis mais pour une fois mon sourire n’était pas étiré sur mes lèvres. Je ne faisais pour ainsi pas tellement le fier et encore moins lorsque j’avais aperçu ma mère m’attendant les bras croisé devant le grillage du collège. Elle ne semblait pas vraiment joyeuse mais comment pourrait-il en être autrement ? N’importe quel parent serait en droit d’être furieux contre son enfant après une convocation de ce genre. J’avais posé mes grands yeux bleus sur elle mais pas un seul mot n’était sortie de sa bouche avant que nous nous soyons éloigné, sans doute ne voulait-elle pas se donner en spectacle et je l’en remerciais intérieurement pour ça. Je n’aurais pas vraiment aimé me taper la honte devant le collège entier. Une fois à l’écart posté l’un face à l’autre, mon regard dirigé vers mes baskets, j’avais senti ses doigts se posé sous mon menton m’obligeant à relever la tête dans sa direction alors qu’elle prononçait mon nom d’une voix que j’avais rarement entendu. J’avais pour ainsi dire toujours été un enfant relativement sage et il avait rarement fallu élever la voix sur moi. Comme tout enfant, j’avais fait des bêtises et on m’avait réprimandé mais c’était tout de même assez rare. Je n’avais pas de réponse à lui donner, principalement car je savais que j’avais tord. Cet idiot de professeur m’avait énormément énervé mais je sentais qu’aucun de mes arguments ne seraient valables, principalement car je n’en avais pas vraiment. Je libérais toute la colère en moi sur le monde entier mais je n’en avais pas réellement conscience. « Il m’a énervé à me crier dessus. » Je détournais les yeux, mon regard était fuyant et ma voix assez basse. Je ne faisais pas le fier, encore moins lorsqu’elle me demanda si je pensais que c’était une conduite à avoir. Je serrais les poings en continuant de garder mon regard fuyant, la mâchoire. Les larmes me montaient aux yeux, je n’étais pas triste et je ne m’en voulais pas. Mais je restais toujours cette bombe à retardement. Même moi je ne me reconnaissais pas, j’avais l’impression de perdre tout mes repères et de ne plus savoir qui j’étais. Ce n’est que lorsqu’elle avait posé sa main sur mon épaule que je me décidais enfin à la regarder droit dans les yeux. Je ne savais pas quoi dire, je ne répondais même pas à sa question. Que dire de plus et que faire de plus. Je ne voulais pas montrer de culpabilité, je n’en avais même pas. Peut-être qu’elle était déçu et que papa le serait encore plus. Au moins ils comprendront ce que moi j’ai ressenti. Sans vraiment pouvoir l’expliquer, alors que je m’ouvrais enfin un peu à ma mère, je me refermais aussitôt comme une huitre, passant ma manche sur mon visage pour enlever toute trace dans mes yeux. Pourtant lorsqu’elle vient me prendre dans ses bras, je ne pas rester insensible. Je suis perdu. Mes émotions sont en véritables montagnes russes et ne font que zigzaguer pourtant, je ne me confiais pas, me reculant d’un pas lorsqu’elle me libéra de sa tendre étreinte. « On peut rentrer ? » Cette phrase pouvait être perçue comme de la provocation et pourtant il n’en était rien et je savais qu’elle n’abandonnerait pas. Pourtant je n’avais pas envie d’en parler tout en sachant pertinemment que je n’en tirerais pas à si bon compte. « Désolé. » ajoutais-je d’une voix assez calme mais pourtant sincère. Désolé de l’avoir déçu, ou énervée ou je ne sais pas ce qu’elle peut rencontrer. Elle avait après tout assez à faire avec les jumeaux pour devoir s’occuper de mes bêtises. Pour s’occuper de moi.
Revenir en haut Aller en bas
Aélys K. Hemingway-Grey
à la classe New Yorkaise apparement
avatar
Administratrice
► Ami à poil : Schnapps, mon bébé, mon touffu, mon poilu. Mon bouchon, mon poison, mon p'tit con.
► Mes messages : 255
► La boite à cookies : 1937
► Date d'inscription : 20/01/2017
Administratrice
Voir le profil de l'utilisateur
le petit mot doux de Aélys K. Hemingway-Grey qui mange un cookie le Dim 25 Juin - 18:34 ► réponds-lui !

trying to catch the beat, make up your heart

J’avais pas l’air ferme, du tout. J’avais pas l’air sévère. J’étais loin d’avoir l’air mère. Je faisais pourtant tout mon possible. Je faisais tout pour Reed. Je ne le lui avais pas dit tant que ça, finalement, mais il comptait plus que tout. Il était de ma vie le meilleur. Il était mon grand amour. Au même titre que son père. Il me faisait respirer, avancer. Il me faisait me faire du soucis. Bien plus que je n’aurais pu l’imaginer au début. Je ne savais pas, avant lui, qu’on pouvait s’inquiéter autour pour son enfant. Mais j’aurais dû m’en douter. Je savais comment ils étaient, je les cotoyais toute la journée. Je vivais entourée de gosses, de regards implorants, de petites voix faibles qui me demandaient s’ils pouvaient effacer le tableau. J’adorais mes élèves. Mais s’inquiéter pour son fils, c’est tout autre chose. Je n’avais pas froncé longtemps les sourcils, je l’avais pris dans mes bras, ça n’avait pas duré tant de temps, une fraction d’instant, rien de plus. Mais il m’avait fait du bien. Et je me sentais plus forte, d’un seul coup. J’espérais lui apporter quelque chose. Je savais qu’il avait parfois du mal à venir me parler. Tout comme j’avais du mal à lui exprimer mon amour. Mais on faisait ce qu’on pouvait. J’avais beau me retenir de pleurer devant lui, quand il m’arrivait d’être triste, de penser à son père, je ne pouvais pas tout lui cacher. J’aimais secrètement Caleb. Même si secrètement, pour nous, ça ne voulait plus rien dire. Je n’avais aucun talent pour les secrets. J’étais difficile, pas vraiment calme. Je ne comprenais pas les raisons à la violence de Reed, et je cherchais à les connaître. Mais je ne pouvais empêcher mon cœur de s’affoler quand il me regardait de ses grands yeux bleus. Je les adorais, ces yeux. Ils me faisaient toujours craquer. Depuis son plus jeune âge, Reed faisait ce qu’il voulait de nous. Résister ? Nous ? Jamais. « Donc, il te crie dessus, et toi tu réponds ? » Disais-je en voulant prouver mon autorité. Autorité que je ne possédais pas. Mais que je me forçais à exprimer, d’une voix un peu plus forte qu’avant. Mais devant son regard un peu triste, je m’en voulais presque. Je savais que la vie n’était pas facile pour lui. Elle ne l’avait jamais été. Et je l’avais peut être traité comme de la porcelaine bien trop souvent, mais j’avais si souvent eu peur pour lui. J’avais peur qu’il ne soit plus fragile qu’il veuille bien nous le faire croire. C’était ça, les enfants. Forts à l’extérieur. Un peu insolents, parfois, même si Reed ne l’était pas tant que ça. Déstabilisé. Je le sentais ainsi, mon enfant. Mon enfant. Et à cet instant où je pensais à ça, il essuyait ses yeux, d’un revers de manche. Ce geste, je le connaissais par cœur. Combien de larmes déjà avais-je essayé d’éponger sur mes joues, avant même qu’elles ne m’arrivent dans la bouche. J’étais malheureuse de le sentir désemparé, et même s’il ne disait rien, je n’étais pas idiote. C’était peut-être ce bordel amoureux qui le mettait dans cet état, entre autre bien sûr. Je m’approchais de lui. « Tu as des problèmes à l’école ? Avec tes amis ? » Demandais-je, comme si je cherchais à faire connaissance avec mon fils. L’être qui comptait pour moi plus que le reste. Je recherchais ce lien de confiance avec lui. Je voulais nouer un lien indéfectible. Je n’avais rien de plus à dire. « Oui, on rentre. » Je le laissais faire, me parler, et j’entendais ce petit « désolé » qui sortit de ses lèvres. Je ne comprenais pas ce que j’avais pu manquer, rater, ce que j’avais mal fait, et ce qu’on avait pas vu, son père et moi. On était pourtant quand même proches, Caleb et moi. Trop, peut-être. Bien trop pour que ce soit honnête. On se parlait souvent de Reed. On essayait de comprendre les adolescents. Ce n’était pas chose aisée. Une vie n’y suffisait pas. Mais on n’abandonnait pas. Je me penchais jusqu’à lui, serrant son épaule, délicatement, sans trop de pression, pour ne pas lui faire mal. « C’est oublié. Evite de recommencer, c’est tout. » Disais-je d’un ton doux. « Ton père et moi, on aura toujours le temps pour toi. Si tu veux nous parler de quelque chose. On est tes parents pour la vie. Tu nous as à perpétuité. » J’essayais de lui rendre le sourire, mais j’avais toujours ma maladresse dans mes mots, dans mes gestes. Je ne savais pas si on était un cadeau, pour lui… Mais on faisait notre possible. J’avançais tout près de lui, j’avais garé ma voiture pas très loin, pour qu’il n’aie pas à faire trop de marche. J’étais prévoyante, et un peu trop gaga de mon fils. « Monte, on discutera dans la voiture jusqu’à la maison si tu veux. » Je ne l’y forçais pas. Je ne le forçais jamais à me parler. Je n’en avais aucun droit. Mais c’était mon angoisse qui me faisait dire ça. Il devait savoir que j’étais là pour lui. Rien de passait avant lui et les jumeaux. J’aurais quitté mon travail plus tôt, s’il avait eu un problème. Je me serais levée aux aurores, pour l’emmener chez le médecin. J’avais si peur de voir son cœur s’emballer, ou quoi que ce soit d’autre. Je n’étais jamais fatiguée pour lui. J’étais prête à tous les sacrifices. Et je n’avais aucune impression de sacrifier quoi que ce soit. Il fallait qu’il le sache. Même s’il le savait déjà, finalement. Je démarrais la voiture, juste après avoir vérifié qu’il avait attaché sa ceinture. Couveuse jusqu’au bout, mais c’était normal, non ?

_________________
❝ Like a sail in a storm ❞ With you I fall. It's like I'm leaving all my past in silhouettes up on the wall. With you I'm a beautiful mess. It's like we're standing hand in hand with all our fears up on the edge. So stop time right here in the moonlight. Without you, I feel broke. Like I'm half of a whole. Without you, I've got no hand to hold. Without you, I feel torn.
Revenir en haut Aller en bas
Reed I. Hemingway
à la classe New Yorkaise apparement
avatar
► Ami à poil : Un chien, mon fidèle acolyte Robin !
► Mes messages : 131
► La boite à cookies : 1202
► Date d'inscription : 24/08/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le petit mot doux de Reed I. Hemingway qui mange un cookie le Lun 18 Sep - 22:25 ► réponds-lui !

J’étais énervé, j’en avais l’impression, enfin réellement je n’en savais rien. Mes émotions étaient de véritables montagnes russes et je n’avais même pas d’excuse à ces accès de colère. J’avais l’air d’en vouloir au monde entier sans vraiment qu’il n’y ait de raisons. Et maintenant j’allais devoir assumer les conséquences de mes actes, enfin assumer, j’allais devoir faire face à ma mère. Je n’avais pas peur d’elle, je la respectais mais je ne la craignais pas, je n’avais pas à le faire parce qu’on avait jamais eut ce genre de relations. Mais je ne savais pas si j’allais m’en sortir aussi facilement que ça, mais à ce moment-là je m’en fichais, j’étais énervé et fermé comme une huitre, je ne voulais pas affronter la déception de maman. J’avais alors été surpris lorsqu’au lieu de réellement m’enguirlander, ma mère me prenait dans ses bras, l’espace d’un cours instant. Ca n’avait pas durer longtemps mais tout depuis le début de cette conversation semblait aller si vite. Et même si je ne l’avouais pas et que je n’en montrais rien, ça m’avait fait du bien, un bien fou parce que sous mes airs de petit homme endurci, j’étais encore un petit garçon qui avait besoin de ses parents. Un petit garçon qui se sentait perdu dans ce nouveau monde qu’il découvrait à nouveau d’un œil différent. Je n’avais pas cherché à me justifier, il m’avait énervé et je m’étais emporté. Pas d’excuse, j’avais au moins l’honnêteté d’avouer pleinement mes erreurs, je savais que me cacher derrière des excuses auraient l’effet inverse et empirerait mon cas. « Bah… C’était un peu ça… » Ma réponse aurait pu paraitre arrogante si ma voix ne traduisait pas un grand malaise. Non ce n’était pas la solution de répondre mais je ne me cachais encore une fois pas derrière des excuses. Je ne faisais pas pour autant le fier au contraire, mon regard semblait attristé bien malgré moi. Je n’étais finalement pas si doué que ça pour dissimuler mes émotions et ce que je ressentais. Mais je ne m’étais pas laisser envahir par mes émotions et j’avais essuyé mes yeux d’un revers de manche reprenant cet air si fermé que j’arborais depuis un certain temps. Le parfait opposé du garçon qui disait tout ce qui lui passait par la tête. Mais inutile de parler encore de ce petit garçon espiègle qui n’existait plus, car il ne l’était tout simplement plus. Petit. « Non… Aucun… » Je n’avais pas de problème, je ne réagissais pas ainsi car j’étais malheureux, pas à cause de ça du moins, à cause de rien car je ne l’étais pas. Je changeais et je faisais simplement connaissance avec moi-même. J’étais tout de même touché de la voir s’inquiéter même si je n’osais pas lui dire qu’elle et mon père étaient les éléments déclencheurs de tout ça. Jamais je n’oserais lui faire de tels reproches car malgré tout ce qui pouvait se passer derrière cet immense caractère de cochon, j’aimais et je respectais mes parents, ma mère. On semblait s’être éloigné, ce n’était qu’en apparence car mon petit cœur malade serait à tout jamais relié au sien. Je lui avais demandé si nous pouvions rentrer et elle avait accepté, avant que je ne m’excuse. Simplement et sincèrement. J’avais tellement de mal à simplement parler. Elle avait serré mon épaule et avait accepté mes excuses me demandant d’éviter de recommencer. « Oui… » Elle continuait de me parler, en me disant que papa et elle aurait toujours du temps pour moi, qu’ils étaient mes parents pour la vie, à perpétuité ce qui eut pour effet de me faire sourire, sincèrement. « Et moi je serais votre fils pour toujours, c’est promis ! » Parce que malgré les déceptions, je ne voulais jamais les perdre. C’était dit avec des mots innocents, des mots d’enfants et c’était sincère. Nous étions montés dans la voiture tous les deux, pour discuter apparemment. Je l’avais écouté et je m’étais installer côté passager en m’attachant directement. J’attendais qu’elle soit prête elle aussi, patiemment, regardant l’extérieur. Je voyais mon collège maintenant presque vidé. Finalement je reportais mon regard sur ma mère lui offrant un grand sourire. Elle ne devait pas me comprendre ni savoir sur quel pieds danser. Je ne le savais pas non plus, juste je voulais faire des efforts. « Désolé de vous causer du soucis… »
Revenir en haut Aller en bas
Aélys K. Hemingway-Grey
à la classe New Yorkaise apparement
avatar
Administratrice
► Ami à poil : Schnapps, mon bébé, mon touffu, mon poilu. Mon bouchon, mon poison, mon p'tit con.
► Mes messages : 255
► La boite à cookies : 1937
► Date d'inscription : 20/01/2017
Administratrice
Voir le profil de l'utilisateur
le petit mot doux de Aélys K. Hemingway-Grey qui mange un cookie le Sam 30 Sep - 20:33 ► réponds-lui !

trying to catch the beat, make up your heart

« Qu’est-ce que tu veux que je te dise. » Et ce sentiment maternel qui reprenait le dessus sur ma colère. Elle se dissipait, au fil des minutes, et au fil des mètres qu’on parcourait. J’avais le cœur trop fragile pour prétendre que je n’étais pas affectée par ses violences incontrôlées. Mais je ne pouvais plus m’énerver. Je ne pouvais plus crier. Je n’arrivais plus à pleurer devant lui. Je cherchais à changer. Mais je repartais en arrière. Mes yeux étaient baissés, et je fixais le goudron. Le gris de l’asphalte un peu usé sous nos pieds. Je finis par sourire. D’un sourire un peu plus franc que celui d’avant. J’étais simplement un peu blasée par la vie. Mais je cherchais à rassurer Reed, parce qu’au fond, c’était encore mon bébé. Je ne lui disais pas souvent que je l’aimais. Je le disais avec mes mots, parfois un peu malhabiles. J’éprouvais toujours le même feu brûlant quand je voyais Caleb. Et je le lui cachais. De voir Reed perturbé nuisait à mon bonheur. Je ne supportais pas de le voir malheureux. L’imaginer pleurer faisait monter mes larmes. « Tu as bouclé ta ceinture ? » Et c’est lorsque sortirent ces mots de sa bouche que je sentis mon cœur se serrer un peu plus. Repenser à tout ce qu’on avait déjà dû traverser, Caleb, Reed et moi. A tout ce temps qu’on avait laissé se perdre. A ces regards furtifs que j’avais lancé à Caleb devant Reed sans me douter qu’il pouvait me voir. J’avais encore ce côté naïf et gauche de mes années lycée. « Tu sais Reed, si on ne se faisait pas de soucis pour toi, nous serions en dessous de tout. » Et c’était presque un peu le cas. On était en dessous de tout. J’imaginais même qu’une fois tout ça passé, on n’allait plus pouvoir se voir dans un miroir. Caleb portait tous mes espoirs. Je lui confiais tout. Et c’était sans doute trop. Je souriais, aussi, démarrant la voiture, et écoutant le moteur vrombir et s’emballer. « J’ai toujours du mal à le dire. Parce que mes mots sont embrouillés quand je ressens quelque chose qui me dépasse. Mais je t’aime plus que tout, Reed. » Et mes mains se crispaient sur le volant, alors que je tournais au carrefour. Je ne le regardais pas vraiment, je surveillais la route à suivre. J’avais peur d’être trop somnolente pour conduire. Parce que les médicaments me mettaient souvent à terre. Mais je n’en prenais jamais quand je devais voir Reed. J’étais rarement maitresse de mes émotions. Et j’avais le sang plus que brûlant. Je m’énervais trop vite. Mais avec lui, c’était différent. Je profitais de chaque instant près de lui, de chaque étreinte que l’on brisait parfois trop tôt, et j’écoutais tout ce qu’il me disait. Ses mots avaient bien plus de valeur que le reste. J’étais pas la mère dont on pouvait rêver. J’étais un peu ailleurs, et peut-être même d’ailleurs. Mais je faisais mon possible pour garder les pieds ancrés au sol. Je m’enracinais.

_________________
❝ Like a sail in a storm ❞ With you I fall. It's like I'm leaving all my past in silhouettes up on the wall. With you I'm a beautiful mess. It's like we're standing hand in hand with all our fears up on the edge. So stop time right here in the moonlight. Without you, I feel broke. Like I'm half of a whole. Without you, I've got no hand to hold. Without you, I feel torn.
Revenir en haut Aller en bas
Reed I. Hemingway
à la classe New Yorkaise apparement
avatar
► Ami à poil : Un chien, mon fidèle acolyte Robin !
► Mes messages : 131
► La boite à cookies : 1202
► Date d'inscription : 24/08/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le petit mot doux de Reed I. Hemingway qui mange un cookie le Lun 30 Oct - 22:43 ► réponds-lui !

Cette situation ne satisfaisait personne, surtout pas moi. Je détestais ce sentiment, celui de l’avoir déçu, d’avoir déçu ma mère qui a toujours cru en moi, qui m’avait toujours poussé vers le haut, qui ne me tournerait jamais le dos et que j’aimais temps. Instantanément, face à elle, mes raisons perdaient tous leur sens et n’étaient plus valables. Rien n’excusait mon comportement et je le comprenais même s’il me paraissait justifié. « Je sais pas… » Avais-je simplement répondu lorsqu’à court de mot, maman m’avait demandé ce que je voulais qu’elle me dise. Je perdais mon arrogance et j’étais moins effronté, parce que ce n’était pas moi mais qu’une stupide façade que j’endossais peu à peu. Je me sentais mal parce que je sentais bien que mon comportement lui faisait du mal, et je trouvais cela injuste de lui faire payer éternellement cette erreur qu’elle avait commise. Car au fond elle n’était qu’amoureuse, et je n’aurais rien eut à y redire s’il n’y avait pas eut l’autre copine de mon père. Mais cela ne me regardait pas bien que je sois encore extrêmement déçu de ce que je considérais comme une grave erreur malhonnête. Car Maman m’avait pardonné chacune des miennes, chaque petit pas de travers que j’avais fait en grandissant, mes petits caprices de temps en temps, chaque objet que je cassais, mes problèmes de cœur. Toujours elle était restée près de moi. Mais en réalité, j’étais juste perdu et même si je prétendais le contraire en leur faisant payé chaque approche envers moi, j’avais besoin de mes parents, je n’étais qu’un adolescent déboussolé.

Maintenant installé dans la voiture, sans vraiment savoir où nous en étions à présent, dans cette ambiance particulière mélangeant confidence et distance, je hochais à l’affirmatif lorsqu’elle me demandait si j’avais bouclé ma ceinture. « Oui maman… » Je me sentais déjà mieux, mais il allait me falloir du temps. Il allait falloir du temps à tous le monde mais malgré les hauts et les bas, nous étions une famille soudée et je ne devais pas m’en faire. J’étais étonné et touché de ses mots, car je m’en voulais de lui causer du souci mais d’après elle c’était normal. « Mais vous êtes au dessus de tout pourtant. » Je n’avais jamais eut de mal avant ses derniers temps à exprimer mes sentiments, j’aimais mes parents et je leur avais toujours dit, parce qu’ils étaient géniaux. Je ne voulais pas qu’elle se sente mal parce que je faisais des bêtises, finalement elle n’en était pas la cause, je changeais et je me cherchais et le moindre prétexte était bon pour leur reprocher. Pourtant mes parents étaient géniaux. Mais je voulais crever l’abcès, j’étais le seul à maintenir cette distance et j’étais enfin prêt à la briser. Ses mots sans doute, finirent par me convaincre, elle m’aimait plus que tout. C’était normal dirait-on, elle était ma mère. Mais non, parce que ce n’était pas normal, c’était sincère et c’est ce qui me touchait. « Merci… » répondais-je timidement, les joues rougis par la gêne. Une bonne gêne en soi, qui me faisait sourire. « Je sais que je suis pas toujours le meilleur fils au monde… » Débutais-je assez maladroitement ne trouvant pas vraiment les mots que je désirais employer, toutefois je me lançais. « Mais je t’aime vraiment maman, de tout mon cœur… » Je détournais mon regard après ses mots, observant la route défilant maintenant devant moi. « J’arrête mes bêtises... » Ajoutais-je comme pour lui confirmer que malgré sa maladresse, j’avais entendu le message et j’étais prêt à avancer et faire des efforts. J’ajoutais comme dernier mot, souriant et lui prouvant bien ma bonne volonté, face à cette route qui défilait trop vite à mon gout, ne voulant pas forcément arrivé, une dernière preuve de bonne foi. « Après tout, je dois devenir un grand frère modèle ! »
Revenir en haut Aller en bas
Aélys K. Hemingway-Grey
à la classe New Yorkaise apparement
avatar
Administratrice
► Ami à poil : Schnapps, mon bébé, mon touffu, mon poilu. Mon bouchon, mon poison, mon p'tit con.
► Mes messages : 255
► La boite à cookies : 1937
► Date d'inscription : 20/01/2017
Administratrice
Voir le profil de l'utilisateur
le petit mot doux de Aélys K. Hemingway-Grey qui mange un cookie le Sam 4 Nov - 20:34 ► réponds-lui !

J’avais posé mes yeux sur lui. J’avais toujours du mal à m’en détacher. Je n’avais peur de rien. Même si j’avais peur de tout. J’avais laissé échapper un soupire, qui aurait pu passer pour de la lassitude. C’en était qu’à demi. J’étais lasse d’être moi. Et ce que je ressentais avait bien moins de valeur que lui. Rien n’était intact en moi. Je n’y voyais aucune gravité. Je me mis à sourire. A l’enfant que j’avais porté. A celui pour lequel je m’étais levée la nuit. Pour lequel j’aurais fait se courber les arbres. Pour lequel j’aurais tout donné. Beaucoup de moi, aussi. Je n’avais pas de regrets. Sinon d’être si faible. J’avais le sourire un peu triste, les yeux toujours humides du courant d’air. Air qui s’engouffrait par la fenêtre semi-ouverte de la voiture. Je ne la baissais toujours qu’à moitié. C’était quelque chose, un rituel. Une habitude. Une manie. De la même façon que je tournais toujours trois fois la clé dans la serrure de chez moi. Obsessionnelle compulsive. A mes heures perdues. Je regardais Reed à côté de moi. Je voyais ses joues rosir et ça fit l’effet d’une bombe sur moi. Rougis pas Reed. C’est bien trop contagieux. Et je l’écoutais se dénigrer. Bang mon cœur. En miettes. Comme à chaque fois que je l’entendais me dire « Je t’aime ». J’étais sûrement trop fragile. Il suffisait de peu pour me poignarder en plein cœur. Le bonheur de les entendre, ces mots, me rappelait le malheur qu’était de savoir ressentir trop fort. J’étais heureuse de ce qu’il me disait. Mais j’avais peur aussi. Il était déjà, à mes yeux, le plus particulier de tous. Le plus parfait. Contrairement à ses dires. « Je t’aime. Immensément. » Les mots venaient comme je les ressentais. Avec toute l’intensité dont je pouvais être capable. Et puis il y’eut cette révélation. Cette déclaration. Avec des allures de serment. Ou de simple promesse. Et je souris encore, cette fois presque malgré moi. « Des bêtises, tu en referas. Tu te tromperas aussi, parfois. Tu feras des expériences. Et je ne t’en empêcherai pas. Tu vas devoir vivre à t’en brûler les ailes. » Je ne le réconfortais qu’à moitié. Mais je croyais en ce que je disais. A l’entrée dans l’adolescence, j’en avais fait voir aux autres. C’était rien d’autre qu’un conseil. Une règle de vie. J’étais pas la meilleure des mères du monde. Moi non plus. Je freinais. Relevant le museau vers lui. Et lâchant le volant, en tournant la clé. « La maison. Tu descends Reed ? » Mais avant de le laisser ouvrir la portière, je le saisis presque brusquement en passant mon bras autour de lui, et le serrant contre moi. Juste pour sentir son cœur. Etre sûre d’en entendre les battements. « Au passage. Tu n’as pas à être le meilleur des fils. T’es mon fils, Reed. » En embrassant sa chevelure, une fois de plus, je laissais s’exprimer l’affection que je lui portais.

_________________
❝ Like a sail in a storm ❞ With you I fall. It's like I'm leaving all my past in silhouettes up on the wall. With you I'm a beautiful mess. It's like we're standing hand in hand with all our fears up on the edge. So stop time right here in the moonlight. Without you, I feel broke. Like I'm half of a whole. Without you, I've got no hand to hold. Without you, I feel torn.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
à la classe New Yorkaise apparement
le petit mot doux de Contenu sponsorisé qui mange un cookie le ► réponds-lui !

Revenir en haut Aller en bas

trying to catch the beat, make up your heart ▬ reed&aélys


Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» soirée catch le 13 septembre à Is Sur Tille :compte rendu !!
» WWE : catch à l'americaine...
» Make Up For Ever
» Le Catch expliqué au nul
» Rouge Artist Intense Make Up For Ever

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-